Inauguration Monte-Rosahütte
(Samedi 10 juillet 2010)
Participation
Groupe de Sierre : Ottilia Waser – Berthoud Laurent (Montana)
– Devanthery Philippe (Montana) – Gianadda Marie-Jo –
Gillioz Michèle – Huber Petra – Huber Roberto
– Georges Lugon.
Participation totale des clubistes de la section “Monte-Rosa“ : 140 personnes.
C’est par un beau temps
radieux et une température agréable que s’ouvre la
cérémonie d’inauguration de la nouvelle cabane
“Monte-Rosa“ sise à 2’883 mètres
d’altitude.
Après les quelques
mots de bienvenue du maître de la cérémonie, Mr.
Peter Planche (ex Président de la section), les
sollennités débutent par la célébration
d’une messe. L’office est sanctifié par le
curé de Zermatt, Stéphane Roth, avec comme laraire une
table extérieure de la terrasse. Une table glacière
aurait été plus appropriée à ce genre de
célébration. Le “Männerchor“ de
St-Nicolas, accompagné d’une escouade féminine
haut-valaisanne, opéreront comme choristes (chants dans les
trois langues nationales) sous la direction de la gardienne de la
cabane Mme Manuela Brantschen.

Un morceau de glace déposé sur une moraine, un bijou magnifique !
Après la messe, Mr.
Peter Planche passe successivement la parole à diverses
personnalités. C’est le professeur Meinrad Eberlé
de l’EPFZ de Zürich, suivi du professeur Eichler
également de l’EPFZ, qui prennent le micro – ces
deux abîmes de science ayant assuré la conception de la
bâtisse.

La messe : un moment solennel...
Au tour des politiciens, avec
MM. Franz Steinegger, Claude Roch (Conseiller d’Etat en charge de
la jeunesse et du sport), et Mr. Christophe Bürgin,
Président de Zermatt.
On termine les
panégyriques et les allocutions avec un ultime discours de la
Vice-Présidente du comité central du CAS de Berne, Mme
Catherine Borel. Cette dernière offre à la section
Monte-Rosa le drapeau avec le logo du CAS : il sera mis au mât
sous le drapeau valaisan.
Une pause musicale
s’impose. Elle est animée par le groupe “Jazz
Serenaders“ avec MM. Reinhard Heldner (clarinette), Stefan Ruppen
(piano), Thomas Bellwald (contre-basse).
On présente le
Comité de section de Monte-Rosa avec M. Jean-Marc Veuthey
(Président), M. Christian Grütter (OJ), M. de Kalbermatten
Philippe (responsable des cabanes), Mme Ottilia Waser
(secrétaire) et M. Peter Planche (comptabilité).

Le Comité de la Section Monte-Rosa au complet.
17h00. Sous un soleil de
plomb, l’assistance meurt de soif… après cette
montée de 3h30 à la cabane. Apéritif pour tout le
monde avec les flonflons de l’orchestre.
En fin
d’après-midi, chacun visite ce bijou d’architecture
– y compris la salle électronique ou l’on traite
l’énergie et l’eau : un concept équivalent
à un sous-marin. Si le capitaine Nemo du Nautilus vivrait
encore, il en pendrait son latin.

La partie festive début avec l'orchestre “Jazz
Serenaders“.
L’extérieur de
la cabane combine des plaques d’aluminium (du Brésil ou du
Venezuela… Eh oui ! L’écologie moderne c’est
cela.... n’en déplaise à certains) : pour se
consoler, on pourra toujours dire qu’elles ont été
laminées à Sierre. Ces plaques sont imbriquées et
serties. Des capteurs photovoltaïques (110 mètres
carrés pour l’électricité) et thermiques
sont également incorporés dans l’une des
façades. Un collecteur de 60 mètres carrés en
contrebas de la cabane fournit l’eau chaude. La cabane est
autonome en énergie à 90% : le solde est apporté
avec un chauffage à base d’huile de colza.

La très belle salle à manger, très lumineuse.
L’intérieur est
en bois avec des colonnettes. Les chambres de huit personnes sont
spacieuses et ont toutes suffisamment de place pour déposer les
sacs de montagne. De plus on y trouve des douches et passablement de
lavabos.

Le drapeau de la Section Monte Rosa offert par Madame Catherine Borel.
Le verre occupe
également une très grande surface. Les rampes
d’accès (escaliers) suivent le déplacement du
soleil.
Une antenne Swiscom et une place pour les hélicoptères ont été installées.
Maintenant que j’ai
passé la pommade, on va donner un coup de pic – le piolet
étant indispensable à l’alpiniste.
Avec toute l’eau de
fonte des neiges, on n’a même pas eu l’idée
d’installer une fontaine devant la cabane. Si l’eau
n’est pas potable (trop minéralisée), elle
n’empêche pas de rafraîchir : les hommes, les femmes
ou les bouteilles ! C’est selon…
Quant aux toilettes, ce
n’est pas une réussite. Si vous permettez c’est un
sujet emmerdant. Vous avez certes des toilettes à eau, mais on
utilise des eaux usées, si bien que les odeurs sont
pestilentielles. Ne vous attendez donc pas à avoir une couleur
bleu au fond de votre cuvette. Je ne veux pas vaticiner, mais dans une
année ces dernières seront aussi jaunes que du cacao.
Aux futurs savants de notre
société issus de l’EPFZ, il serait grand temps
qu’ils fassent un tour chez Boeing en Amérique au
département “Chiottes“. Comme l’on a
suffisamment d’eaux chaudes usées (douches –
éviers cuisines – lavabos), on se demande bien pourquoi
l’on a pas créé une fosse septique au moins pour
l’été. Et pour l’hiver on fait comme chez
Boeing : on change le container, il faut bien qu’Air Zermatt vive
aussi !
En été, les
milliards de mètres cubes d’eau du Grenzgletscher filtre
à coup sûr la sortie de la fosse septique. Bien malin
celui qui me prouvera que l’on retrouve encore des
matières fécales aux fond du glacier. Naturellement on
fait avec l’argent que l’on a ! Cette cabane a
coûté environ Fr. 6'500’000.-, dont Fr.
2'000’000.- de généreux donateurs. Les noms de ces
derniers sont inscrits sur des plaquettes à la salle à
manger.
L’ancienne cabane devrait être dynamitée (compensation avec les associations écologiques).
Une étude doit encore être faite.
Hier c’était une
messe chantée. Avec ces quelques remarques, on termine la messe
basse en ce dimanche matin. On rentre au bercail. En descendant sur le
glacier, on rencontre une quinzaine de “pingouins“ en
baskets. Pourquoi pas en tatanes ou en espadrilles ? Incroyable !
C’est vrai qu’au
pôle Nord, les pingouins sont habitués aux eaux froides.
Mais les “pingouins“ en question feraient grise mine
s’ils passaient dans une crevasse avec douche froide pour se
remettre les esprits.
On termine ces deux journées magnifiques avec une histoire de “pingouin“.
C’est un
“pingouin“ qui se présente au guichet de la cabane
Monte-Rosa. – Cabaniste, puis-je avoir une bouteille d’eau
minérale ? – Bien sûr, rétorque le tenancier
étonné.
Il lui apporte sa bouteille.
– Cela fait Fr. 10.- Mais puis-je me permettre, on ne voit pas
beaucoup de “pingouins“ dans ce refuge, lui dit-il.
Et le “pingouin“
de répondre d’un air désabusé. – Cela
ne m’étonne pas : avec une bouteille d’eau à
10 balles, il n’y a pas de risque !
Texte : Georges Lugon.
Photos : Michèle Gillioz, Marie Jo Gianadda.