Haute route du Strahlhorn
(du 18 au 21 avril 2010)
Guides : Egon Zuber, Peter Kimmig.
12
participants : Serge Basili – Robert Alvarez – Yvon Rey
– Nicole Bregy – Nicolas de Kalbermatten – Gaby de
Kalbermatten – Françoise Ibach – Christiane Mathieu
– Benoît Manise – François Mudry –
Marie-Luce Delez – Georges Lugon.
Cheffe de course : Ottilia Waser, avec une mention spéciale,
bravo pour cette organisation ! C’était pas facile de
dénicher des guides disponibles à cette saison et de
trouver des places disponibles dans les cabanes. Itinéraire : Fluchtorn – Alphubel – Strahlhorn – Rimpfischhorn.
Remplacement au pied
levé de la course prévue dans le massif de la Silvretta.
Cause du renvoi de la randonnée initialement prévue :
indisponibilité du guide grison (jambe cassée).
18 avril 2010
On monte à Felskinn
(2’991 m) pour emprunter le funiculaire le plus haut du monde.
Dénommé “Métro alpin“, ce dernier
à été creusé sous le glacier de Chessjen.
On s’arrête à la station intermédiaire vers
3'300 m. En ce lieu, on croise la rame qui vient d’en haut. Lors
de la construction du Métro, on a créé cette
fenêtre pour évacuer une partie du
“pouillant“. Quand j’étais jeune,
j’étais mineur – vous aussi me direz-vous. La
différence, c’est que moi j’étais avec les
mineurs qui minent : j’ai connu ces nuages noirs. Le
“pouillant“, c’est le résultat après
l’explosion, plus le remugle qui s’en dégage.
Après avoir franchi
cette lucarne, on arrive sur le glacier du Hohlaub. On traverse le
glacier sur sa largeur à ski pour rejoindre un col au bas du
Haulobgrat au point 3’105 m. Le temps est un peu capricieux. On
arrive sur l’Allalinglestcher. Notre guide Egon Zuber
suggère au groupe de créer un dépôt pour
notre matériel.
Après
s’être encordés, on chemine vers le Fluchhorn
(3’790 m). Les derniers mètres sont pénibles pour
Nicolas qui est un peu veule. On le dirait atteint d’une
légère cataleptie. Bref… finalement tout le monde
atteint le sommet. Serge Basili comme d’habitude déconne
en français et en suisse allemand des propos que la morale
réprouvre. Notre guide Egon qui connaît très bien
le personnage met cela sur le compte de l’altitude.
Ce Fluchtorn est une excellente mise au parfum pour les futurs 4’000 m qui nous attendent les jours suivants.
Descente de rêve dans une neige poudreuse jusqu’à Britanniahütte.
On prend possession de nos couchettes. On est logé au quatrième étage dans les combles.
En fin
d’après-midi au mess, Nicolas jette l’éponge.
Fatigué et patraque, il décide de nous quitter. Son
épouse l’accompagne dans son infortune. Le groupe lui
souhaite un prompt rétablissement, çà ira mieux
demain. “Que nos misères soient la rosée sur la
fleur du matin“, on ferme la parenthèse. Enfin, pas tout
à fait…
Dans la déveine du
couple, Gaby de Kalbermatten comme Arène Lupin dérobe un
ski à Ottilia Waser pour descendre vers Saas-Fee. A
l’avenir, et pour éviter toute confusion, il faudra
marquer les skis au fer rouge, comme le bétail. Les skis,
c’est comme la brosse à dent et les strings : c’est
personnel ! Pour le futur, je suggère à Gaby
qu’elle marque ses skis avec une empreinte de ses lèvres
et de son rouge à lèvre, une idée à creuser
!
Puisqu’on parle
d’idées, je vais ici vous faire part des grandes
idées qui ont émergé des grands cerveaux des
architectes qui ont transformé la cabane Britannia (CAS
Genève).
On a conçu 2 toilettes
(hommes) et 2 toilettes (dames) au sous-sol de la cabane. C’est
pas mal pour 134 personnes ! Le matin, à raison de 2 minutes par
personnes, c’est une heure et demie d’attente... Pourtant
rien, avec quelque chose autour (un trou) plus une lunette,
çà ne coûte pas la peau des fesses ! En plus,
c’est pas mal d’avoir mis les toilettes au sous-sol, comme
cela à 2 heures du matin quand vous allez faire un
“pisson“ depuis le quatrième étage, vous
réveillez tout le campement !
Le “Trockenraum“,
c’est une étuve. Parce que toute bonne femme sait que pour
faire sécher du linge, il faut de l’air. A
Britanniahütte, on n’ a pas fait des ouvertures deux
côtés. Pourtant de l’air il y a en suffisance sur le
“crêpon“ sur lequel est situé la cabane.
Le dépôt
à ski, un râtelier qui comprend 10 paires de skis. Pas mal
lorsque l’on a 134 paires de skis !
Quant à la
génératrice, elle dégage ses gaz sur la terrasse.
C’est pas mal aussi quand vous buvez votre bière, vous
êtes gazé comme à Auschswitz-Birkenau…
Je rappelle aux architectes
et aussi aux mamies qui vont aux “commis“ et qui papotent
avec les copines au café de 09h00 à 11h30 en laissant les
fenêtres ouvertes des appartements, que le ciel n’a pas besoin d’être chauffé.
Evidemment, ce n’est
pas à Kyoto ni à Copenhague que l’on a pris cette
résolution. Il faut dire aussi qu’à Copenhague la
sirène et les sirènes ont chaud au cul !
J’ose espérer
que du côté de Zürich (EPFL), on n’aura pas les
mêmes noèmes phénoménologiques
qu’à Genève pour la nouvelle cabane Monte-Rosa.
Enfin… on découvrira les lieux lors de son inauguration.
J’espère aussi
que notre architecte Dédé Darioly en prendra note et
qu’il aura d’autres idées pour transformer notre
cabane Illhorn.
Puisque je peste sur les
architectes, je vous signale que la publicité dans
“CampToCamp“ pour la cabane Britannia indique ceci (vous
pouvez vérifier) : couettes et petite musique au réveil
(fin de citation). C’est vrai qu’elle adoucit les
mœurs, et j’en ai bien besoin ! Enfin c’est connu :
c’est en limant les masselottes que l’on devient
limaçon ou en l’occurrence “lima con“.
Je change de ton pour
l’anniversaire de Yvon Rey. “Happy Birthday To You“
54 ans et toutes ses dents. Il nous paie deux bouteilles de
Johannisberg pour l’apéro. Je profite aussi de
l’occasion pour féliciter la pâtissière pour
la génoise de la tourte.
19 avril 2010
Le deuxième guide
Peter Kimmig rejoint le groupe. Depuis le Feegletscher on monte
lentement vers l’Alphubel (4’206 m). Le glacier est
passablement crevassé.
Arrivé au sommet,
Serge Basili est à nouveau insane. Il éructe des propos
que les oreilles de jeunes filles ne devraient pas entendre. Comme hier
avec Egon, c’est Peter qui annonce au groupe : çà
doit être l’altitude !
Je profite aussi de féliciter Benoît Manise : c’est son premier 4000 à skis.
La descente se réalise dans une neige quelque peu cartonnée.
20 avril 2010
Le temps est à nouveau
au beau fixe. 6h30 : on quitte la cabane Britannia pour
l’Allalingletscher, destination : le Strahlhorn (4'190 m). Durant
la nuit, une très fine couche de neige a revêtu le
glacier, les conditions sont donc excellentes.
A 50 mètres du sommet,
on quitte nos skis. On met nos “crabes“ et l’on
s’encorde très serrés.
Peter Kimmig fait une
démonstration de ce que doit être un bon encordage. Il
prend la peine d’expliquer aux clubistes les finesses du
métier de guide. On sent le professionnalisme du personnage.
Peter est impliqué à la formation et à
l’examen des guides de montagne. C’est comme si en “bouffe“ l’on comparait le snack et Lignac (Cyrille de son prénom)
Au sommet Serge Basili jette
des pierres aux poules : çà doit être
l’altitude, réplique Peter Kimmig. Serge est heureux.
Aujourd’hui, il à 54 piges. L’histoire ne nous dit
pas s’il a gardé toutes ses quenottes : ce qui est
sûr, c’est qu’il va payer 2 bouteilles de
Johannisberg à l’apéro !
Une autre histoire de bac
à sable. C’est Robert Alvarez qui a prit un coup
d’insolation à sa cuisse gauche. A force d’abaisser
la fermeture éclair de ses pantalons comme les minettes qui
montrent leur nombril et leurs seins à l’air sur les quais
de gare à Sierre : les coups de lune, çà devait
arriver.
Notez au passage que je préfère voir les roberts des sirènes de Sierre que les cuisses à Robert !
Il est vrai aussi qu’il vaut mieux avoir la lune à la main que le soleil dans les yeux !
La descente se fait dans une neige poudreuse ou chacun peut s’éclater.
21 avril 2010
Durant la nuit, il a donné quelques petits crachins de neige. Au matin le ciel est grand bleu.
Les guides sont optimistes
pour la météo. Bolognesi hier soir était à
nouveau dans les vapeurs ou dans les nuages avec ses prévisions.
Peter Kimmig a une autre version de la météo…
Comme vieux renard il nous cite : “Qui trop écoute la
météo, perd son temps dans les bistrots“.
On monte au col de
l’Allalinpass (3’564m), puis on longe la face du
Rimpfischhorn jusqu’au point 3’662m. On atteint la selle du
Rimpfischorn vers midi (Rimpfischsattel 4'001 m).
A nouveau Serge Basili déraisonne : çà doit être l’altitude, concluent les guides.
La descente se fait sur le
glacier du Mellic jusqu’à Täschalp. On peut descendre
à ski jusqu’au pont qui engendre la rivière
Täschbach (Stafelti 2’075 m).
Je crois vous avoir tout dit,
mais il me semble que j’ai oublié quelque chose. Ah oui !
Ca me revient, j’ai oublié Nicole Bregy... Je vous annonce
qu’elle est candidate pour les prochaines élections de
Miss France chez Geneviève de Fontenay. Elle a porté un
concombre à la Britanniahütte (3’030m) parce
qu’elle est végétarienne ou
végétalienne.
Tout monde a pensé que
le concombre était destiné à être
mangé. Eh bien non ! elle en a fait des rondelles pour les
disposer sur ses yeux. J’ai téléphoné
à Geneviève pour lui raconter le vaudeville de notre
jouvencelle. La vertueuse Mme de Fontenay en a fait un caca nerveux.
Elle m’a répliqué qu’elle ne voulait plus que
les futures candidates à “Miches“ France fassent des
écarts de cuisses dans les magazines MONTAGNE et VERTICAL et
qu’elles soient prises en flagrant délit par les
photographes, la main dans les culottes avec un concombre.
Enfin bref, pas de quoi
fouetter un chat ! Et pour vous les mecs si vous ne comprenez pas ces
propos, donnez votre langue au chat !
Chapeau bas Geneviève !
Texte : Georges Lugon, Secrétaire à la société ENDEMOL.
Photos : Nicole, Ottilia, Robert et Yvon.